Folkyn

Comment vérifier le Kbis de son freelance : checklist 2026 et pièges à éviter

Vérifier le Kbis de son freelance : checklist 7 points, jurisprudences récentes, pièges à éviter et bonnes pratiques 2026 pour le devoir de vigilance.

Charles Fouchault, CEO Folkyn

Charles FouchaultCEO

Demander un Kbis à son freelance est une étape de base du KYC, et pourtant, beaucoup d'entreprises se contentent de collecter le document sans réellement le vérifier. Or, en cas de contrôle URSSAF ou de procédure judiciaire, "j'ai bien reçu un Kbis" ne suffit pas : il faut prouver que vous l'avez vérifié, qu'il était valide, et que vous avez renouvelé la vigilance dans la durée. Voici la checklist complète en 7 points, les pièges fréquents, les jurisprudences récentes et les bonnes pratiques pour bien vérifier le Kbis de chaque freelance avec qui vous travaillez.


Qu'est-ce qu'un Kbis exactement ?

Définition

Le Kbis (ou extrait K bis) est un document officiel qui atteste de l'existence légale d'une société commerciale immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). C'est l'équivalent de la "carte d'identité" de l'entreprise.

Il est délivré par les greffes des tribunaux de commerce et accessible via Infogreffe ou MonIdenum.

Quels statuts sont concernés ?

Statut

Document d'immatriculation

SAS, SASU, SARL, EURL, SNC, SCS

Kbis

Société civile (SCI, SCM, SCP)

Extrait K (sans bis)

Entreprise individuelle (EI)

Avis de situation SIRENE (pas de Kbis)

Micro-entrepreneur

Avis de situation SIRENE (pas de Kbis)

Profession libérale réglementée

Kbis si en société, ou inscription à l'ordre

Association

Récépissé de déclaration en préfecture (sauf si activité commerciale)

À retenir : si votre freelance exerce en EI ou micro-entreprise, il n'a pas de Kbis. Demander un Kbis à un micro-entrepreneur est une erreur. Vous devez demander son avis de situation SIRENE (parfois appelé "avis SIREN").


Pourquoi vérifier le Kbis est une obligation légale (et risqué de l'oublier)

Le cadre juridique

L'article L.8222-1 du Code du travail impose une obligation de vigilance au donneur d'ordre dans le cadre de tout contrat de prestation. L'article D8222-5 précise les pièces à collecter et l'article D8254-1 fixe le seuil à 5 000 € HT par contrat.

L'article L.8222-2 prévoit la solidarité financière : si votre prestataire est condamné pour travail dissimulé et que vous n'avez pas vérifié sa conformité, vous pouvez être tenu de payer ses cotisations, impôts et amendes solidairement.

Les jurisprudences récentes qui font mal

Plusieurs décisions de 2023 et 2024 montrent l'importance de la vigilance :

  • Cour d'appel d'Aix-en-Provence, 16 juin 2023 : un donneur d'ordre est solidairement condamné à environ 45 000 € pour absence de vérifications périodiques (pas d'attestation URSSAF ni de Kbis valide)

  • Cour de cassation civile, 5 décembre 2024 : un donneur d'ordre est sanctionné pour avoir accepté une attestation sur l'honneur au lieu d'une attestation URSSAF officielle

  • Cour d'appel de Paris, 6 décembre 2024 : un redressement URSSAF de 168 989 € (dont 48 242 € de majorations) pour acceptation d'un faux document non vérifié

Le message est clair : la collecte d'un document n'est pas suffisante, il faut vérifier son authenticité et sa cohérence, et le faire de manière continue.

🔍 Pour le panorama complet des documents à demander, voir : Quels documents demander à un freelance.


Que contient un Kbis : décomposition complète

Un Kbis contient 11 mentions principales que vous devez savoir lire.

Mention

Ce qu'elle indique

Dénomination sociale

Le nom officiel de la société

Forme juridique

SAS, SARL, EURL, SASU, etc.

SIREN

Numéro d'identification unique (9 chiffres)

SIRET

SIREN + 5 chiffres pour l'établissement

Code APE/NAF

Code de l'activité principale exercée

Capital social

Montant des fonds propres déclarés

Adresse du siège social

Adresse officielle

Date d'immatriculation

Date de création de la société

Durée de la société

Souvent 99 ans, à vérifier

Identité du ou des dirigeants

Président, gérant, directeur général

Procédures collectives

Sauvegarde, redressement, liquidation (le cas échéant)

Date de l'extrait

Indispensable : doit être < 3 mois


Où se procurer un Kbis ?

Quatre canaux principaux.

1. Demander directement au freelance (le plus simple)

C'est la méthode standard. Le freelance vous transmet son Kbis, et vous le vérifiez. Il peut l'obtenir gratuitement via MonIdenum (s'il est dirigeant) ou pour quelques euros via Infogreffe.

2. Le commander sur Infogreffe

Infogreffe.fr est le service officiel des greffes. Coût : ~3-4 € par Kbis. Vous pouvez commander n'importe quel Kbis avec le SIREN de la société. Le document est officiel et probant.

3. MonIdenum (gratuit pour les dirigeants)

MonIdenum.fr, géré par le Conseil national des greffiers, propose le Kbis numérique gratuitement aux dirigeants de la société. C'est cette version que beaucoup de freelances envoient.

4. Services tiers (Pappers, Societe.com, Manageo)

Ces sites agrègent les données publiques des entreprises et permettent souvent une consultation gratuite ou une vérification automatisée des données. Ils ne délivrent pas un Kbis officiel, mais permettent de vérifier la cohérence de ce que le freelance vous transmet.


La checklist en 7 points pour vérifier un Kbis

Voici les vérifications systématiques à effectuer pour chaque Kbis reçu.

1. Date de l'extrait : moins de 3 mois

C'est le premier réflexe. Un Kbis a une validité de 3 mois pour les démarches administratives. Au-delà, il est considéré comme périmé.

  • Cherchez la mention "Date de l'extrait" en haut ou en bas du document

  • Si > 3 mois : refusez, demandez un extrait plus récent

  • Pour la conformité continue : exigez le renouvellement tous les 6 mois

2. SIREN et SIRET valides et actifs

Notez le SIREN du Kbis et vérifiez sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr ou societe.com que :

  • Le SIREN existe bien

  • L'entreprise est active (pas "radiée" ou "cessée d'activité")

  • Le SIRET correspond bien à un établissement actif

Un Kbis qui paraît valide mais avec un SIREN radié est rare mais possible (en cas de falsification ou de Kbis très ancien).

3. Activité cohérente avec la prestation

Le code APE/NAF indique l'activité principale déclarée. Vérifiez la cohérence avec la mission :

  • Vous engagez un freelance pour du développement web et son code APE est "6201Z – Programmation informatique" : cohérent

  • Vous engagez un consultant marketing et son code APE est "4711B – Commerce d'alimentation" : incohérent, à creuser

L'incohérence n'est pas forcément bloquante (une société peut exercer plusieurs activités), mais elle mérite explication. Demandez au freelance de clarifier.

4. Adresse du siège cohérente

Vérifiez que l'adresse sur le Kbis correspond aux autres documents (devis, RIB, signature email).

Cas particulier : adresses de domiciliation. Beaucoup de freelances utilisent une société de domiciliation (Stratego, Domiciliation.fr, Sedomicilier). Ce n'est pas un signal négatif en soi, c'est légal et fréquent. Mais l'adresse de domiciliation ne doit pas masquer une situation problématique (entreprise fictive, absence de réelle activité).

5. Identité du dirigeant correspond au freelance

Le Kbis indique le nom du président, gérant ou directeur général. Ce nom doit être cohérent avec le freelance qui vous facture.

  • Si le freelance s'appelle Jean Dupont et le Kbis indique Jean Dupont président : OK

  • Si le freelance s'appelle Jean Dupont mais le Kbis indique Marie Martin président : à creuser. Soit Marie Martin est l'épouse présidente officielle (donc Jean Dupont travaille pour la société sans être déclaré), soit il y a un problème

  • Si le freelance s'appelle Jean Dupont et le Kbis indique "John Smith" : drapeau rouge, à clarifier impérativement

Un Kbis dont le dirigeant ne correspond pas au freelance qui facture peut indiquer du prêt de main d'œuvre illicite ou de la sous-traitance non déclarée.

6. Pas de procédure collective en cours

Cherchez sur le Kbis les mentions de :

  • Sauvegarde

  • Redressement judiciaire

  • Liquidation judiciaire

Si l'une de ces mentions apparaît, c'est un signal fort. Travailler avec une société en procédure collective n'est pas illégal, mais le risque est élevé : votre freelance peut disparaître du jour au lendemain, ne plus pouvoir facturer, ou être contraint de cesser son activité.

7. Cohérence avec les autres documents KYC

Le Kbis ne se vérifie pas isolément. Il doit être cohérent avec :

  • L'attestation URSSAF de vigilance (même SIREN, même dénomination)

  • Le RIB transmis (même dénomination, même SIRET)

  • L'assurance RCP (mêmes coordonnées, même activité)

  • La facture émise (mêmes coordonnées, même SIREN)

  • Les statuts si fournis

Un seul écart entre ces documents est un signal à creuser.

🔍 Pour la vérification de l'attestation URSSAF, voir : Attestation de vigilance URSSAF : guide complet.


Le test d'authenticité du Kbis

Au-delà du contenu, vérifier que le Kbis lui-même est authentique.

Vérifier le QR code

Les Kbis récents (depuis 2017) intègrent un QR code qui permet de vérifier l'authenticité directement via Infogreffe ou MonIdenum. Si le QR code mène à une page d'erreur ou ne fonctionne pas, c'est un drapeau rouge.

Comparer avec Infogreffe

Pour quelques euros, commandez un Kbis officiel sur Infogreffe et comparez avec celui que le freelance vous a transmis. Si les données diffèrent, le document du freelance est faux ou très ancien.

Détecter les faux Kbis

Les faux Kbis circulent encore (notamment pour des fraudes à l'embauche ou des escroqueries B2B). Signaux à surveiller :

  • Mise en page anormale (police, alignement, blason)

  • Date d'extrait suspecte (formats incohérents)

  • Mentions d'établissements ou d'activités très atypiques

  • Absence de QR code sur un document daté de 2020+

  • Demande pressante du freelance pour signer rapidement sans vérification

En cas de doute, prenez 5 minutes pour vérifier sur Infogreffe ou Pappers. Cela peut vous éviter des dizaines de milliers d'euros de redressement.


Les 6 pièges fréquents à éviter

1. Kbis trop ancien

Le seuil légal est 3 mois pour la collecte initiale. Un Kbis de 5 mois ne suffit pas. Beaucoup d'entreprises l'acceptent par négligence et se retrouvent en faute en cas de contrôle.

2. SIREN radié

Une société peut être radiée sans que vous le sachiez. Vérifier le statut actif sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr prend 30 secondes. Faites-le systématiquement.

3. Activité incohérente non clarifiée

Si le code APE n'a aucun rapport avec votre mission, demandez au freelance de clarifier (multi-activité, code générique, changement d'activité). Pas de réponse satisfaisante = drapeau rouge.

4. Kbis falsifié non détecté

Cas plus rare mais bien réel. Toujours vérifier le QR code ou commander un Kbis officiel pour comparaison en cas de doute.

5. Procédure collective ignorée

Mention en bas du Kbis souvent en petit. Lisez le document complet, pas seulement les premières lignes.

6. Penser que le Kbis seul suffit

L'erreur la plus fréquente. Le Kbis est UN document parmi plusieurs. Sans attestation URSSAF + liste des salariés étrangers, vous n'êtes pas en conformité avec votre devoir de vigilance, même avec un Kbis parfait.


Cas particulier : entreprise individuelle et micro-entrepreneur

C'est la situation la plus fréquente avec les freelances en France.

Pas de Kbis pour les EI

Une entreprise individuelle (EI) ou un micro-entrepreneur n'est pas immatriculée au RCS (sauf cas particuliers comme les EIRL avant suppression). Donc pas de Kbis.

Le bon document à demander est l'avis de situation SIRENE (parfois appelé "avis SIREN" ou "fiche SIRENE").

Comment l'obtenir

  • Le freelance peut le télécharger gratuitement sur avis-situation-sirene.insee.fr

  • Vous-même pouvez vérifier les données sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr avec son SIREN

  • Pappers, Manageo et autres tiers proposent l'équivalent

Quoi vérifier sur un avis SIRENE

  • SIREN/SIRET valide et actif

  • Nom du micro-entrepreneur

  • Adresse déclarée

  • Code APE

  • Date de création

  • Statut actif (pas "cessation déclarée")

Le plus important : ne pas exiger de Kbis à un micro-entrepreneur. Cela trahit votre méconnaissance du sujet et peut bloquer la collaboration sans raison.


Évolutions récentes : RNE et guichet unique INPI

Le contexte légal

La loi PACTE de 2019 puis la loi de simplification de 2022 ont profondément réorganisé le paysage. Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités d'entreprise passent par le guichet unique de l'INPI. Le Registre National des Entreprises (RNE), géré par l'INPI, centralise désormais les données de toutes les entreprises (commerçants, artisans, indépendants).

Kbis vs extrait RNE

  • Kbis : continue à être délivré par les greffes pour les sociétés commerciales. Document de référence pour le devoir de vigilance.

  • Extrait RNE : extrait officiel du Registre National, accessible via le portail INPI. Pour les freelances en EI, il peut servir d'équivalent.

Pour la majorité des situations, le Kbis (pour les sociétés) ou l'avis SIRENE (pour les EI/micro) restent les documents de référence.

Loi PACTE et formalités allégées

La loi PACTE a supprimé l'exigence de Kbis pour 55 formalités administratives. Mais cela ne concerne pas le devoir de vigilance : pour les contrats supérieurs à 5 000 € HT, le justificatif d'immatriculation reste obligatoire.


Articulation avec les autres documents KYC

L'article D8222-5 du Code du travail liste les documents obligatoires pour le devoir de vigilance :

  1. Justificatif d'immatriculation : Kbis, extrait RNE, avis SIRENE selon le statut

  2. Attestation URSSAF de vigilance : valide < 6 mois, à renouveler tous les 6 mois

  3. Liste nominative des salariés étrangers soumis à autorisation de travail (le cas échéant)

Pour un freelance individuel sans salariés, le point 3 est généralement remplacé par une attestation sur l'honneur signée par le freelance.

À ces documents s'ajoutent les pièces conventionnelles utiles :

  • RIB (vérification du compte bancaire)

  • Assurance RCP (responsabilité civile professionnelle)

  • CV ou portfolio (vérification du profil)

🔍 Pour la liste complète des documents et leur vérification, voir : Quels documents demander à un freelance.


Cas du freelance étranger

Si vous travaillez avec un freelance basé à l'étranger, il n'aura pas de Kbis français. Vous devez demander le document équivalent dans son pays.

Pays

Équivalent du Kbis

Royaume-Uni

Companies House extract

Allemagne

Handelsregisterauszug

Espagne

Registro Mercantil extract

Italie

Visura camerale

Belgique

Extrait BCE (Banque Carrefour des Entreprises)

États-Unis

Certificate of Good Standing (selon État)

Pour les freelances UE, demandez aussi le formulaire A1 (attestation de législation sociale applicable) pour les missions exécutées en France.

🔍 Pour le KYC complet d'un freelance étranger, voir : Travailler avec un freelance étranger : KYC et conformité.


Conservation et renouvellement

Durée de conservation

Le Kbis collecté doit être conservé pendant 5 ans après la fin du contrat (durée minimale URSSAF). Pour les éléments liés à la facturation, la durée passe à 10 ans (article L.123-22 du Code de commerce).

Renouvellement périodique

Pour la conformité continue, le devoir de vigilance impose un renouvellement tous les 6 mois des documents :

  • Kbis (ou avis SIRENE) à demander à nouveau

  • Attestation URSSAF à demander à nouveau

  • Liste salariés étrangers (si applicable)

Sans ce renouvellement, la jurisprudence considère que la vigilance n'est pas assurée, même si vous aviez les documents au démarrage.

Preuve horodatée

Conservez non seulement les documents, mais aussi la preuve que vous les avez vérifiés et quand. En cas de contrôle URSSAF, c'est cette traçabilité qui fait la différence entre "j'ai été diligent" et "je ne peux pas le prouver".


Industrialiser la vérification

Au-delà de quelques freelances, la gestion manuelle devient difficile.

Outils dédiés vigilance

Des solutions spécialisées (Provigis, Once For All, Sherlocky, Aktia) automatisent la collecte, vérification d'authenticité, alertes de renouvellement et stockage horodaté. Ces outils sont particulièrement utilisés par les grandes entreprises et ETI.

FMS avec module KYC

Les Freelancer Management Systems modernes intègrent nativement la collecte et le suivi des documents KYC. Folkyn par exemple gère le KYC complet (Kbis, attestation URSSAF, RIB, assurance RCP, KYC dirigeant) avec relances automatiques et alertes d'expiration, en lien avec le contrat cadre et les bons de commande.

API officielles et tiers

Des API permettent une vérification automatisée :

  • API Sirene (gratuite, INSEE) : statut SIREN/SIRET en temps réel

  • API Pappers / Manageo / Provigis : enrichissement avec données complètes

  • Infogreffe API : pour la commande automatisée de Kbis officiels

Ces API peuvent être intégrées à votre SI pour des vérifications quasi instantanées.

🔍 Pour comparer les solutions de gestion freelance complètes, voir : Meilleur logiciel de gestion freelance (FMS) : comparatif 2026.


Les sanctions concrètes en cas de défaillance

Solidarité financière

L'article L.8222-2 du Code du travail établit la solidarité financière : si votre prestataire est verbalisé pour travail dissimulé, vous êtes solidairement tenu de payer ses dettes sociales et fiscales. Les redressements URSSAF peuvent atteindre des centaines de milliers d'euros pour les contrats récurrents.

Annulation des exonérations

L'URSSAF peut annuler les exonérations et réductions de cotisations dont vous avez bénéficié sur la période de travail dissimulé du sous-traitant. Effet rétroactif possible.

Exclusion des marchés publics

Une condamnation pour défaut de vigilance peut entraîner l'exclusion temporaire des marchés publics et des aides publiques (depuis juin 2024 pour les aides à la transition écologique notamment).

Sanctions pénales

Dans les cas les plus graves (collusion volontaire avec un travailleur dissimulé, faux documents acceptés en connaissance de cause), des sanctions pénales peuvent s'ajouter (jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende pour une personne physique, 225 000 € pour une personne morale).

🔍 Pour le panorama complet des risques URSSAF et de requalification, voir : Requalification freelance en CDI.


FAQ

Combien coûte un Kbis ?

  • Pour le dirigeant : gratuit via MonIdenum.fr

  • Pour un tiers : environ 3 à 4 € via Infogreffe

  • Via services tiers (Pappers, etc.) : souvent gratuit pour les données de base, payant pour le document officiel

Le freelance peut-il refuser de transmettre son Kbis ?

Légalement, il n'a pas l'obligation légale stricte de vous le transmettre, mais vous avez l'obligation légale de le vérifier (au-delà de 5 000 € HT). En pratique, un freelance qui refuse de fournir son Kbis est suspect : tous les freelances sérieux en transmettent un sans difficulté. Si refus, mieux vaut ne pas signer.

Et si le Kbis a 4 mois ?

Au-delà de 3 mois, le Kbis n'est plus considéré comme valide pour le devoir de vigilance. Demandez au freelance un Kbis plus récent (il l'obtient gratuitement en 30 secondes via MonIdenum).

Mon freelance n'a pas de Kbis, c'est anormal ?

Non, c'est probablement un freelance en EI ou micro-entreprise, qui n'est pas immatriculé au RCS et n'a donc pas de Kbis. Demandez-lui à la place son avis de situation SIRENE, qui joue le même rôle. Lui demander un Kbis serait une erreur.

Comment détecter un faux Kbis ?

  • Vérifier le QR code (mène-t-il à Infogreffe ?)

  • Comparer avec un Kbis officiel commandé sur Infogreffe (~4 €)

  • Examiner la mise en page (police, alignement, blason)

  • Vérifier sur Pappers ou societe.com que les données correspondent

  • Méfiance si le document semble "trop pressant" ou si le freelance évite la vérification

Faut-il garder le Kbis original (papier) ?

Non, la version numérique téléchargée d'Infogreffe ou MonIdenum a la même valeur juridique que la version papier, à condition d'être horodatée et non modifiée. Conservez en PDF dans votre système.

Le RNE remplace-t-il définitivement le Kbis ?

Non. Le RNE est le registre central, le Kbis reste le document délivré par les greffes pour les sociétés commerciales. Ils coexistent. Le Kbis reste la référence pour le devoir de vigilance des sociétés.

Que faire si mon freelance change de société pendant la mission ?

Il doit vous transmettre le nouveau Kbis correspondant à la nouvelle société. Vous devez aussi recommencer le KYC complet (attestation URSSAF de la nouvelle société, RIB, etc.). En général, c'est l'occasion d'un avenant au contrat.

Le Kbis suffit-il pour le devoir de vigilance ?

Non. Le Kbis est un document obligatoire parmi trois (Kbis + attestation URSSAF + liste salariés étrangers ou attestation sur l'honneur). Penser que le Kbis seul suffit est une erreur fréquente lourdement sanctionnée par la jurisprudence.

Y a-t-il une obligation de vigilance en dessous de 5 000 € HT ?

Légalement, l'obligation de vigilance s'applique à partir de 5 000 € HT par contrat. Mais la jurisprudence sanctionne le fractionnement artificiel : si vous découpez un projet en plusieurs petits contrats pour rester sous le seuil, l'URSSAF peut considérer qu'il s'agit en réalité d'un contrat unique. Mieux vaut traiter le seuil avec prudence.


En résumé

Vérifier le Kbis de son freelance n'est pas qu'une formalité administrative. C'est une obligation légale (article L.8222-1 du Code du travail) dont la défaillance peut coûter des dizaines de milliers d'euros en redressement URSSAF, sans parler des risques pénaux. Trois principes pour bien faire :

  1. Vérifier méthodiquement : la checklist en 7 points (date, SIREN, activité, adresse, dirigeant, procédure, cohérence) prend 5 minutes par freelance et évite la grande majorité des risques

  2. Distinguer les statuts : Kbis pour les sociétés, avis SIRENE pour les EI et micro-entrepreneurs. Ne pas confondre, ne pas exiger ce qui n'existe pas

  3. Renouveler dans la durée : le devoir de vigilance est continu, pas ponctuel. Renouvellement tous les 6 mois, conservation horodatée des preuves de vérification

Bien menée, cette vérification est rapide et systématique. Mal menée, elle vous expose à des risques disproportionnés au regard du temps que prendrait sa bonne exécution. C'est probablement le meilleur ratio "effort minimal / protection maximale" de toute la gestion freelance B2B. Industrialiser cette vérification via un outil dédié devient indispensable au-delà d'une dizaine de freelances actifs.

Prêt à simplifier vos processus de gestion des freelances ?

Rejoignez le future of work et commencez à traiter les freelances pour ce qu’ils sont : des ressources humaines.