La gestion de l'empreinte carbone d'une entreprise s'étend de plus en plus à ses prestataires externes, freelances inclus. Avec la CSRD dont les seuils ont été relevés par la loi Omnibus fin 2025, et les obligations BEGES qui restent en vigueur pour les grandes entreprises, le scope 3 (qui inclut les freelances) est devenu un sujet central. Mais comment calculer concrètement l'empreinte carbone d'un freelance ? Quelles données collecter ? Comment intégrer ce calcul dans le workflow contractuel sans alourdir la relation ni violer le RGPD ? Voici le guide complet, du point de vue de l'entreprise cliente.
Pourquoi calculer l'empreinte carbone des freelances en 2026 ?
Quatre dynamiques convergentes rendent ce sujet incontournable.
Pression réglementaire
BEGES obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 en outre-mer), avec scope 3 inclus depuis le 1er janvier 2023
CSRD : directive européenne 2022/2464, dont les seuils ont été relevés par la loi Omnibus de décembre 2025 à 1 000 salariés et 450 M€ de CA. Application progressive 2025-2028
VSME (Voluntary Standard for non-listed SMEs) : nouveau standard de référence pour les PME et ETI désormais exemptées de la CSRD
Pression de la chaîne de valeur
Les grandes entreprises soumises à la CSRD doivent désormais collecter les données carbone de leurs prestataires (mécanisme dit du "Value Chain Cap"). Si vous êtes une PME ou un freelance qui travaille avec un grand compte, vous serez probablement sollicité pour fournir vos données.
Pression des investisseurs
Les fonds d'investissement, banques et financeurs intègrent de plus en plus les critères ESG dans leurs décisions. Une entreprise qui ne mesure pas son empreinte carbone, scope 3 inclus, est perçue comme moins mature et plus risquée.
Pression interne et de marque employeur
Les jeunes générations sont sensibles aux engagements environnementaux. Une étude OpinionWay récente indique qu'une grande majorité des moins de 30 ans souhaitent travailler dans une entreprise alignée avec leurs valeurs.
Le cadre réglementaire mis à jour (mai 2026)
Plusieurs textes structurent l'obligation.
Le BEGES en France
Régi par l'article L.229-25 du Code de l'environnement, le Bilan d'Émissions de Gaz à Effet de Serre s'impose à :
Les entreprises de plus de 500 salariés en métropole (250 en outre-mer)
Les collectivités territoriales de plus de 50 000 habitants
Les établissements publics de plus de 250 personnes
L'État et ses services
À renouveler tous les 4 ans pour les entreprises (3 ans pour les collectivités).
Depuis le 1er janvier 2023, le scope 3 est obligatoire pour ces acteurs. Sanctions : amende pouvant atteindre 50 000 € (100 000 € en récidive), depuis la loi relative à l'industrie verte d'octobre 2023.
Malgré ce renforcement, seules 31% des entreprises concernées respectaient leur obligation BEGES en 2025, ce qui montre l'enjeu de mise en conformité.
La CSRD au niveau européen
La directive 2022/2464 harmonise le reporting de durabilité à l'échelle européenne. Avant la loi Omnibus, elle visait progressivement toutes les grandes entreprises et ETI.
Depuis la loi Omnibus de décembre 2025, les seuils ont été relevés :
1 000 salariés et 450 M€ de CA (au lieu de 250 et 50 M€)
Application progressive 2025-2028 selon la taille
Les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) restent la référence technique
L'ESRS E1 spécifiquement traite du climat
Le VSME pour les exemptés
Pour les PME et ETI désormais hors CSRD, le VSME (Voluntary Standard for non-listed SMEs) devient le standard volontaire de référence. Il permet de répondre aux demandes des donneurs d'ordre soumis à la CSRD via le mécanisme de Value Chain Cap.
Les méthodologies de référence
Bilan Carbone® : méthode ADEME, portée par l'Association pour la transition Bas Carbone (ABC)
GHG Protocol : référence internationale, basé sur 3 scopes
ISO 14064-1 : norme internationale de quantification des émissions
ISO 14067 : empreinte carbone des produits
Pourquoi les freelances entrent dans le scope 3
Comprendre cette mécanique est essentiel pour le calcul.
Les 3 scopes en synthèse
Scope 1 : émissions directes (chaudières, véhicules de l'entreprise)
Scope 2 : émissions indirectes liées à l'énergie achetée (électricité, chaleur)
Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes, en amont et en aval
Le scope 3 représente typiquement 70-90% des émissions totales d'une entreprise. C'est le plus complexe à mesurer mais le plus impactant.
Les 15 catégories du scope 3 (GHG Protocol)
Le scope 3 se divise en 15 catégories. Pour les freelances, deux principales :
Catégorie 1 : Biens et services achetés (où se classent la plupart des prestations freelance)
Catégorie 6 : Déplacements professionnels (si le freelance se déplace pour la mission)
Comment classer un freelance
Freelance en télétravail pur : prestation classée en catégorie 1, faible empreinte
Freelance qui se déplace pour ses missions : prestation en catégorie 1 + déplacements en catégorie 6
Freelance international avec vols : impact souvent significatif via la catégorie 6
🔍 Pour comprendre le statut juridique du freelance et son intégration dans votre entreprise, voir : Un freelance c'est quoi ? Le guide pour les entreprises.
Les 3 méthodes de calcul possibles
Méthode | Principe | Précision | Charge admin |
|---|---|---|---|
Monétaire | Dépense × facteur d'émission monétaire | Faible | Très faible |
Physique | Activité réelle × facteur d'émission physique | Élevée | Moyenne à forte |
Hybride | Monétaire pour la prestation + physique pour les déplacements | Bonne | Moyenne |
La méthode monétaire
Principe : on multiplie la dépense (TJM × jours, ou montant total facturé) par un facteur d'émission monétaire issu de la Base Empreinte® de l'ADEME.
Exemple : un freelance IT facture 60 000 € HT sur l'année. Le facteur d'émission monétaire pour les services IT en France est typiquement de l'ordre de 0,15 kgCO2eq/€. L'empreinte estimée serait donc d'environ 9 tonnes CO2eq.
Limites : très imprécise. Un freelance qui prend l'avion toutes les semaines aura la même empreinte estimée qu'un freelance en télétravail pur, ce qui est faux.
La méthode physique
Principe : on collecte les données réelles d'activité (km parcourus, mode de transport, énergie consommée) et on applique des facteurs d'émission physiques.
Exemple : un freelance fait 50 km/jour aller-retour en voiture thermique pour 100 jours de mission. Émissions transport = 50 × 2 × 100 × 0,193 = 1 930 kgCO2eq (1,93 t).
Avantages : précise, actionnable (permet de réduire les émissions par changement de mode de transport).
Limites : demande de la collecte de données régulière.
La méthode hybride (recommandée)
Pour les freelances, l'approche pragmatique combine :
Méthode monétaire pour la part "prestation pure" (équipement, énergie)
Méthode physique pour les déplacements (où l'écart entre profils est massif)
C'est la méthode la plus actionable et la moins lourde administrativement.
Les données à collecter sur un freelance
Voici les données minimales à collecter pour un calcul fiable.
Donnée | Importance | Source |
|---|---|---|
Mode de transport principal | Critique | Déclaration freelance |
Distance domicile-mission | Critique | Déclaration freelance |
Fréquence des trajets (par semaine) | Critique | Déclaration freelance + CRA |
Lieu de travail (télétravail / site / mixte) | Élevée | Déclaration freelance + CRA |
Type de véhicule (si voiture) | Élevée | Déclaration freelance |
Vols pour la mission | Élevée | CRA / notes de frais |
Hôtels / hébergements | Moyenne | Notes de frais |
Équipement informatique | Faible | Estimation forfaitaire |
Conformité RGPD
Attention à la minimisation des données. Vous n'avez pas besoin :
De l'adresse précise du domicile (juste la commune ou la distance suffit)
Du véhicule personnel précis (puissance fiscale suffit)
De données comportementales hors mission
Documentez votre traitement dans votre registre RGPD et obtenez l'accord du freelance.
🔍 Pour intégrer ces collectes dans votre workflow KYC freelance, voir : Quels documents demander à un freelance.
Les facteurs d'émission ADEME pour les transports
Voici les ordres de grandeur 2026 issus de la Base Empreinte® de l'ADEME (chiffres à vérifier sur le site officiel pour les valeurs précises).
Mode de transport | Émissions (kgCO2eq/km) |
|---|---|
Marche | 0 |
Vélo | 0,003 |
Vélo électrique | 0,011 |
Métro / Tramway | 0,003 |
Bus | 0,113 |
Train (TGV) | 0,003 |
Train (TER) | 0,028 |
Voiture électrique | 0,021 |
Voiture thermique moyenne | 0,193 |
Avion court-courrier (avec traînées) | 0,255 |
Avion long-courrier (avec traînées) | 0,152 |
À noter : pour l'avion, les facteurs incluent le forçage radiatif lié aux traînées de condensation, qui multiplie l'impact réel de 1,9 à 2,7 selon les méthodes.
Cas concret : calculer l'empreinte d'un freelance type
Trois profils typiques pour donner des ordres de grandeur.
Profil 1 : freelance dev en télétravail pur
220 jours travaillés/an, 100% télétravail
Pas de déplacement
Équipement : 1 poste de travail (15 kgCO2eq/an amorti)
Énergie : 4 heures/jour × 220 jours × 0,2 kWh × 0,06 kgCO2eq/kWh (mix électrique français) = ~10 kgCO2eq/an
Empreinte estimée : ~25-50 kgCO2eq/an (très faible)
Profil 2 : freelance consultant avec déplacements
180 jours travaillés/an, 50% sur site client, 50% télétravail
50 km aller-retour en voiture thermique pour les jours sur site
90 jours × 50 km × 0,193 = 868 kgCO2eq/an pour le transport
Plus quelques voyages train ponctuels : ~50 kgCO2eq/an
Équipement et énergie : ~50 kgCO2eq/an
Empreinte estimée : ~1 tonne CO2eq/an
Profil 3 : freelance avec mission internationale
200 jours travaillés/an, mix télétravail + missions clients FR + 5 vols UE
Vols : 5 aller-retour de 1 500 km × 2 × 0,255 = 3 825 kgCO2eq/an
Transport local : ~500 kgCO2eq/an
Hôtels : ~200 kgCO2eq/an
Équipement et énergie : ~50 kgCO2eq/an
Empreinte estimée : ~4,5 tonnes CO2eq/an
Comparaison à un salarié français moyen
L'empreinte carbone moyenne d'un Français est d'environ 9 tonnes CO2eq/an toutes activités confondues (perso + pro). Un freelance en télétravail pur a donc une empreinte professionnelle marginale, là où un freelance grand voyageur peut représenter une part significative.
Articulation avec le CRA et le workflow freelance
C'est le point clé pour rendre la collecte praticable.
Collecte au fil de l'eau dans le CRA
Plutôt qu'une enquête annuelle pesante, intégrer la collecte des données carbone directement dans le CRA mensuel :
Mode de transport principal pour le mois
Distance aller simple domicile-lieu de mission
Trajets par semaine
Vols pour la mission (si applicable)
Ce sont des données minimales, déclaratives, qui ne posent pas de problème RGPD si elles sont bien encadrées.
Calcul automatique
Une fois les données dans le CRA, le calcul peut être fait automatiquement par votre outil de gestion freelance, en appliquant les facteurs d'émission ADEME.
Reporting consolidé
À la fin de l'année, vous avez :
L'empreinte carbone totale de vos freelances (catégorie 1 + 6 du scope 3)
La décomposition par freelance, par mission, par mode de transport
Les données pour votre BEGES, CSRD ou VSME
🔍 Pour la structure du CRA et son rôle dans le workflow, voir : Compte rendu d'activité freelance : modèle et bonnes pratiques.
🔍 Pour les déplacements et frais associés, voir : Notes de frais freelance : gestion côté entreprise cliente.
Bonnes pratiques côté entreprise cliente
1. Définir clairement le périmètre
Que mesurez-vous précisément ?
Tous les freelances actifs sur l'année ?
Seulement ceux avec un volume de prestation supérieur à un seuil ?
La prestation seule ou aussi les déplacements ?
Les missions à l'étranger sont-elles inclues ?
Documenter ce périmètre dès le départ évite les biais d'incohérence.
2. Choisir une méthode adaptée à votre maturité
Niveau 1 : méthode monétaire pure, pour démarrer rapidement
Niveau 2 : méthode hybride avec données déplacement déclarées
Niveau 3 : méthode physique complète, intégrée au workflow
Pas besoin de viser le niveau 3 dès la première année. Mieux vaut un niveau 1 fait que pas de mesure du tout.
3. Ne pas alourdir le freelance
C'est un point critique. Votre freelance n'est pas votre salarié, vous ne pouvez pas lui imposer des reportings hebdomadaires.
Limiter à quelques données déclaratives simples
Intégrer la collecte au CRA mensuel (pas un formulaire séparé)
Donner du sens : expliquer pourquoi vous demandez ces données
Respecter le RGPD : minimisation, finalité claire, durée de conservation
4. Prévoir la collecte dans le contrat
Mention type dans le contrat de prestation : "Le Prestataire s'engage à fournir mensuellement, dans son CRA, les données nécessaires au calcul de l'empreinte carbone de la mission, conformément aux engagements RSE du Client."
5. Industrialiser progressivement
Année 1 : collecte basique, calcul manuel ou via outil simple
Année 2 : intégration au workflow freelance, automatisation
Année 3 : reporting consolidé, plan de réduction
Les pièges à éviter
1. Sur-mesure inutile
Demander 50 données à un freelance pour calculer son empreinte est contre-productif. Les variables qui font la différence sont peu nombreuses : mode de transport, distance, fréquence, vols. Le reste est de la précision marginale.
2. Données personnelles intrusives
Adresse précise, marque de véhicule, géolocalisation : tout cela viole le principe RGPD de minimisation et n'apporte rien de plus à votre calcul.
3. Calculs incohérents entre méthodes
Si vous utilisez la méthode monétaire pour vos freelances et la méthode physique pour vos salariés, vos résultats ne sont pas comparables. Aligner les méthodes sur les périmètres comparables.
4. Reporting déconnecté des autres flux
Si votre data carbone freelance vit dans un Excel séparé, sans lien avec votre KYC, votre CRA, vos factures, vous recréez un silo. L'idéal est l'intégration au workflow freelance global.
5. Méthode monétaire seule pour un freelance grand voyageur
Si vous avez des freelances qui prennent l'avion régulièrement, la méthode monétaire les sous-estime massivement. Pour ces profils, la méthode physique est indispensable.
Industrialiser la collecte et le calcul
Plusieurs approches possibles selon votre maturité.
Outils dédiés bilan carbone
Des solutions du marché (Carbo, Greenly, Sami, Sweep, EcoAct, Watershed) permettent de calculer le scope 3 complet, avec des modules spécifiques pour les freelances. Adapté pour les entreprises qui veulent un outil bilan carbone unifié.
Intégration native au workflow freelance
L'autre approche, plus pragmatique pour les entreprises qui gèrent déjà leurs freelances dans une plateforme dédiée, est d'intégrer la collecte des données carbone au CRA. Le freelance saisit ses données déplacement dans son CRA mensuel, l'outil calcule automatiquement l'empreinte, et le reporting est consolidé.
Folkyn intègre nativement une section empreinte carbone dans son CRA, avec mode de transport, distance aller simple et fréquence des trajets par semaine. Le calcul est automatisé à partir des facteurs ADEME, et le reporting consolidé alimente directement les données scope 3 catégories 1 et 6 pour le bilan carbone de l'entreprise cliente. C'est l'approche la plus fluide pour éviter les ressaisies entre l'outil de gestion freelance et l'outil de bilan carbone.
🔍 Pour comprendre quand passer à un logiciel dédié de gestion freelance, voir : Pourquoi utiliser un logiciel pour gérer ses freelances.
FAQ
Calculer l'empreinte carbone d'un freelance, c'est obligatoire ?
Pas en tant que tel. Ce qui est obligatoire, c'est le bilan carbone de l'entreprise cliente (BEGES si >500 salariés, CSRD si >1000 salariés et 450 M€ CA depuis Omnibus). Le scope 3 inclut les freelances dans la catégorie 1 (services achetés) et la catégorie 6 (déplacements pro). Donc indirectement, oui, vous devez intégrer leur impact.
Quelle méthode choisir entre monétaire et physique ?
Monétaire : pour démarrer, ou pour les freelances en télétravail pur (différence marginale entre les profils)
Physique : pour les freelances qui se déplacent (différence massive entre profils)
Hybride : pour la majorité des entreprises, le bon compromis
Que demander concrètement au freelance ?
Quatre données minimales :
Mode de transport principal pour la mission
Distance domicile-lieu de mission
Fréquence des trajets par semaine
Vols pour la mission (oui/non, et combien)
Au-delà, vous entrez dans la sur-collecte qui peut violer la minimisation RGPD.
Le télétravail compte-t-il dans l'empreinte du freelance ?
Oui mais marginalement. Un freelance en télétravail consomme l'énergie de son poste, son chauffage et son éclairage. En France, avec un mix électrique majoritairement décarboné, l'impact est faible (10-50 kgCO2eq/an typiquement). Beaucoup d'entreprises l'estiment forfaitairement plutôt que de le mesurer précisément.
VSME et freelances : ça change quoi ?
Le VSME (Voluntary Standard for non-listed SMEs), apparu après la loi Omnibus, simplifie les exigences pour les PME et ETI désormais hors CSRD. Il propose une approche allégée du scope 3, ce qui réduit la pression sur les freelances qui travaillent avec ces structures. À terme, les grandes entreprises CSRD pourront néanmoins demander des données plus détaillées via le mécanisme du Value Chain Cap.
Faut-il compenser l'empreinte carbone des freelances ?
La compensation carbone est une démarche volontaire qui complète la mesure. Plusieurs approches : achat de crédits carbone certifiés (Verra, Gold Standard, Label Bas Carbone français), financement de projets de séquestration. À noter : la compensation ne dispense pas de la réduction, qui reste l'objectif premier (objectif Net-Zéro 2050).
Faut-il intégrer les déplacements domicile-bureau du freelance ?
Si le freelance se déplace pour la mission (chez vous ou chez un autre client de la mission), c'est en catégorie 6 du scope 3 (déplacements professionnels). Si c'est ses déplacements personnels habituels (par exemple un coworking qu'il fréquente), ce n'est pas dans votre scope.
Comment articuler avec le CRA mensuel ?
Le CRA est l'outil idéal pour collecter les données carbone au fil de l'eau, sans imposer un formulaire séparé au freelance. Plusieurs CRA professionnels intègrent maintenant nativement une section empreinte carbone (mode de transport, distance, fréquence) qui alimente automatiquement votre reporting.
Le freelance a-t-il un intérêt à participer à cette mesure ?
Plusieurs :
Démontrer son engagement RSE auprès de ses clients (argument commercial)
Valoriser ses pratiques bas carbone (télétravail, vélo, train)
Anticiper les demandes futures des grands comptes
Aligner son activité avec ses valeurs personnelles
Beaucoup de freelances perçoivent positivement la démarche si elle est bien expliquée.
Que faire des données après le calcul ?
Les agréger dans votre bilan scope 3 catégorie 1 et 6
Les publier dans votre rapport BEGES, CSRD ou VSME
Les utiliser pour la réduction : identifier les leviers (encourager le train vs avion, le télétravail, les déplacements groupés)
Les conserver selon les durées légales (5 ans minimum pour les éléments réglementaires)
En résumé
L'empreinte carbone des freelances n'est plus un sujet optionnel pour les entreprises soumises au BEGES, à la CSRD ou au VSME. Trois principes pour une approche pragmatique :
Choisir la bonne méthode selon la maturité : la méthode hybride (monétaire pour la prestation + physique pour les déplacements) est le bon compromis pour la plupart des entreprises
Intégrer la collecte au workflow existant : les données carbone passent par le CRA mensuel, pas par un formulaire séparé qui alourdit la relation
Respecter le RGPD et la nature freelance : minimiser les données, expliquer la finalité, ne pas traiter le freelance comme un salarié soumis à reporting
Bien menée, cette démarche n'est pas qu'une contrainte réglementaire : elle structure votre relation freelance autour de pratiques modernes (transport doux, télétravail, déplacements groupés), améliore votre score ESG et anticipe les demandes croissantes de votre chaîne de valeur. Mal menée, elle peut créer des frictions inutiles et un sentiment de surveillance qui dégrade la relation commerciale.
Le contexte 2026, avec une CSRD recentrée sur les très grandes entreprises et un VSME émergent pour les autres, donne à chaque organisation le temps de structurer son approche. Le bon moment pour commencer, c'est maintenant, avec un niveau de maturité adapté à votre taille et à vos enjeux.